Le jardin de fleurs occupe l’emplacement d’anciennes chènevières : quatre ou cinq parcelles de quelques mètres de large qui allaient de la route jusqu’au bief et que les anciens  propriétaires mirent plusieurs décennies à remembrer, butant cependant sur un verger que, de père en fils et depuis des générations,  les propriétaires s’obstinent à refuser de vendre et qui reste une enclave comme une épine dans le pied.

La seule mesure de rétorsion que les anciens propriétaires du moulin purent prendre fut  d'interdire l’accès au bief. A la suite d’un  procès qu'ils gagnèrent, ils firent poser deux énormes bornes  pour marquer les limites du " franc bord", une  bande de deux mètres sur chaque rive du bief qui permettait au meunier d'aller et venir pour  surveiller et  entretenir les berges.

 

Dans un premier jardin, une collection de rosiers thé, un massif d’azalées  et des massifs de rosiers « Milrose ».

 

On accède au second jardin en empruntant  le "franc-bord ".

 

 

 

C’est sans doute la partie qui a demandé le plus de travail : le terrain était une friche et le mur de clôture était complètement éboulé. J’ai eu  la bonne fortune de trouver deux piles de portail et une grille du XVIII° siècle aux dimensions de l’entrée d’origine de ce terrain : trois mètres qui constituent la mesure de référence du jardin : des allées de trois mètres de large et des carrés de six sur six. Pour éviter le ravinement j’ai construit des murets,  puis fait  rapporter de la terre et remblayer les allées.   

Créer un jardin de vivaces est peut-être, dans notre région, l’entreprise jardinière la plus difficile. La terre y est trop lourde ou trop calcaire et exige d’importants et constants amendements ; les hivers sont très froids et les étés chauds et secs.

Ce n’est donc pas un jardin de « mixed borders » à l’anglaise ; ni même un jardin de vivaces puisqu’il y a des rosiers, des dahlias, des annuelles mais un jardin de fleurs, tout simplement auquel il ne manque que quelques pieds de tomates, des choux et un rang de salade pour qu’il soit une manière de "jardin de curé".

 

 

 

 

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